Séminaires EHESS 2015-2016

Démocratie de la place publique : les mouvements de Meydan

Jeudi de 17 h à 20 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2015 au 2 juin 2016. La séance du 5 novembre se tiendra de 17 h 30 à 19 h 30 (salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris)

Nous assistons à un nouveau type de contestation dans le monde entier. Du monde arabe aux capitales occidentales, de la Turquie au Brésil en passant par l’Ukraine, il y a une vague de mouvements de contestation. Malgré leurs différences, ces mouvements révèlent tous un malaise social face aux problématiques relatives à l’environnement, la crise économique et le pluralisme culturel. Le domaine du politique tend à se limiter à l’échelle nationale et s’avère être dans l’incapacité à répondre à ces questions globales. L’espace public échappe plus facilement aux contraintes des frontières et des collectivités nationales notamment à travers les technologies de communication et les réseaux sociaux. Ces mouvements mettent en avant de nouveaux modes d’agir en public et en circulation globale de nouveaux répertoires d’action. Ces contestations dans la place publique font apparaître un nouveau « sujet » politique appartenant à des aires culturelles différentes qu’il convient d’interroger.

Ces mouvements sont caractérisés par les lieux, les espaces qu’ils occupent, notamment la Place Tahrir, Gezi Park, Occupy Wall Street, et Maïdan. Ils mobilisent le registre des émotions, comme la dignité et le respect. Les mouvements d’Indignés dans les capitales d’Europe l’illustrent bien. Ce sont des mouvements qui célèbrent le pluralisme dans le rassemblement sur la place et ne cherchent pas à surmonter les différences par une supra identité idéologique ou collective. L’absence de porte-paroles et de leaders montre également les traits communs de ces mouvements. Il y a un mode d’agir des individus en public que l’on peut distinguer de l’intentionnalité des actions sociales et collectives. C’est le lien avec le personnel, l’intime, la foi qui donne une force d’expression en public, à l’instar du slogan féministe « le personnel est politique ». La place publique est l’interface entre le foyer de l’individu et le pouvoir de l’État. Elle permet aux citoyens de manifester leurs différences, comme l’écrit Hannah Arendt en tant qu’« héros ordinaires ».

Dans la place publique se mettent en scène de nouveaux imaginaires démocratiques par le biais de la performance, de l’art, et de l’humour. L’art devient une partie intrinsèque d’une nouvelle culture publique contestataire. Comment ces nouveaux citoyens « du monde ? » mettent-ils en avant des modes d’agir personnel et élargissent le champ du politique vers des expressions visuelles et performatives ? Comment repenser le rapport entre le public et le politique ?

La séance du jeudi 5 novembre 2015 du séminaire « Démocratie de la place publique : les mouvements de Maïdan » de Nilufer Göle aura exceptionnellement lieu au 10 rue Monsieur Le Prince 75006 Paris, de 17h30 à 19h30.  Dans le cadre des débats du CéSor, comme indiqué dans l’invitation ci-après, son dernier livre Musulmans au quotidien. Une enquête européenne sur les controverses autour de l’islam sera débattu avec Jocelyne Dakhlia.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2015/ue/1102/

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Perspectives musulmanes et juives sur l’Europe : au-delà de la Judéo-islamophobie

2e et 4e mardis du mois de 17 h à 20 h (salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 12 janvier 2016 au 24 mai 2016

Une réflexion sur les perspectives aussi bien convergentes que divergentes entre les musulmans et les juifs sera engagée à partir controverses publiques autour de l’islam en Europe. Les thématiques autour de trois monothéismes et leur distance respective, à savoir les racines judéo chrétiennes de l’Europe, mais également les familiarités entre le judaïsme et l’islam, comme des religions publiques seront abordées. L’étude des controverses islamiques dans le présent autour du halal, la circoncision, le rapport au sacré et l’image sera mis en miroir historique avec les débats antérieurs quant aux pratiques religieuses des juifs.  Une lecture croisée entre la Charia et la Halaka, le halal et le casher, la circoncision des garçons et les tribunaux religieux sera adoptée dans une double temporalité, historique et contemporaine. C’est dans les sociétés européennes que les deux religions de la Loi confrontent les définitions chrétiennes de la religion ainsi que les normes séculières de la modernité.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2015/ue/1124/

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